Tout se passe pour le mieux, la vie à 3 à la maison commence à prendre forme, on trouve nos marques et je suis un petit garçon très facile et très gentil... Rien à signaler, c'est le bonheur....
Le 5 décembre, l'infirmière ONE vient pour la 1ère visite, ça se passe très bien, je pèse 3 kg 230 (je n'ai donc pas repris beaucoup de poids depuis ma sortie de la maternité mais rien d'alarmant). La journée se passe sans incident et le soir, je bois mon biberon avec ma maman et puis je m'endors dans ma nacelle. Il est 20h30, tout d'un coup, je me mets à pleurer mais il y a quelque chose de différent. Papa me prend et essaye de me calmer, rien n'y fait. C'est la première fois que je pleure si fort, mes parents pensent que ce sont peut-être des coliques (car ils en avaient justement parlé avec l'infirmière durant la journée). Papa me pose à plat ventre sur son ventre car c'est une position qui me calme et qui fait que je m'endors mais là, bizarre, je continue à pleurer de plus belle et ils ne savent plus quoi faire car ce ne sont pas les mêmes pleurs que d'habitude, j'ai l'air d'avoir mal ! Quelque chose ne va pas mais quoi ? Vu que je n'arrive pas à me calmer, papa va prendre ma température et c'est à ce moment que notre vie a basculé ! 38,3 de température... vraiment pas grand-chose quand on y pense mais la phrase de notre pédiatre trotte dans la tête de mes parents « Pour un bébé de moins de 3 mois, s'il fait plus de 38°C de température, il ne faut pas hésiter, il faut revenir le montrer". Que de questions ils se posent : Que faire ? Il est 21h, il fait noir, il fait froid, partir avec ce petit garçon qui n'a que 12 jours... Ils hésitent, me découvrent, la température diminue déjà et pourtant, reste cette phrase, toujours... Finalement, il est 21h30, ils m'embarquent et préfèrent partir pour rien et revenir en rigolant 1h plus tard mais ils ne prennent pas le risque d'attendre le lendemain! A ce moment, tout s'enchaîne, papa roule vite car il est inquiet, nous arrivons à Namur aux urgences, on nous conduit directement en pédiatrie et là, le doute de mes parents « Vont-ils nous prendre au sérieux car ça reste une faible température malgré tout ? ». Et bien OUI, nous sommes immédiatement pris en charge et à 22h, la pédiatre de garde s'occupe de moi... Papa et maman lui expliquent les faits, devant elle, je suis calmé, ma température n'est plus qu'à 37,7 mais quand même, elle n'a pas l'air très rassurée vu ce qu'il s'est passé, de plus, ma peau est marbrée et je suis assez raide donc ils n'hésitent pas et même si c'est difficile à entendre pour mes parents, la pédiatre annonce qu'elle va faire une prise de sang et une PONCTION LOMBAIRE ! Sur le coup, mes parents ne réagissent pas trop et sont juste très inquiets car ils savent que c'est douloureux et pas le temps de me faire ne fût-ce qu'une anesthésie locale. Ils ne peuvent pas rester dans la salle de soins pendant la ponction lombaire mais maman avait mal, très mal tellement elle m'entendait hurler, elle aurait voulu pouvoir prendre la douleur à ma place ! Les infirmières en profitent pour me mettre une perfusion et m'installent dans une chambre... Les minutes qui suivent paraissent interminables.
A minuit, la pédiatre rentre dans la chambre, à son expression, papa et maman comprennent immédiatement qu'il se passe quelque chose et le verdict tombe : « Votre petit bébé a une méningite, on n'en sait pas plus sur la gravité pour le moment mais on commence le traitement antibiotiques immédiatement »... Le trou noir, UNE MENINGITE ... Ce sont les premiers résultats mais papa et maman ne sauront rien de plus ce soir-là, il faudra attendre le lendemain et même les jours suivants pour se prononcer. Cette nuit-là, alors que ce terme MENINGITE résonne dans leur tête chaque minute, papa et maman ne trouvent pas les mots et ne se rendent pas encore vraiment compte, moi je dors, dans mon petit lit à barreaux, assez paisible malgré tout et déjà abattu par les premières doses d'antibiotiques...