23 novembre 2006, me voici...

23 novembre 2006, me voici...
Maternité Sainte Elisabeth (Namur), 23 novembre 2006, 17h31, me voici, tel un petit bout de bonheur... 3 kg 370, 51 cm et déjà une frimousse à faire craquer tout le monde.
Tout va bien dans le meilleur des mondes, à ce moment là, personne ne savait que quelques jours plus tard, mon destin allait basculer...

# Posté le dimanche 08 février 2009 11:06

Modifié le mardi 24 février 2009 15:39

Sortie de la maternité

Comme maman a subi une césarienne, nous restons un peu plus longtemps à la maternité mais une semaine après ma naissance, tout va pour le mieux, maman se remet, papa tient le coup ;) et moi je suis en forme, je reprends du poids et ça se passe bien donc nous pouvons rentrer à la maison...
Ce jour-là, le 30 novembre, la pédiatre (qui deviendra ma pédiatre mais nous vous en reparlerons plus tard) passe dans la chambre et nous donne tous les petits conseils nécessaires pour commencer notre vie à 3. Parmi tout ce qu'elle dit, une phrase, peut-être anodine à ce moment-là, mais qui aura toute son importance par la suite et qui m'a sauvé: "Pour un bébé de moins de 3 mois, s'il fait plus de 38°C de température, il ne faut pas hésiter, il faut revenir le montrer"...
Sortie de la maternité
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# Posté le dimanche 08 février 2009 15:27

Modifié le mardi 24 février 2009 15:40

5 décembre 2006, le tournant !

Tout se passe pour le mieux, la vie à 3 à la maison commence à prendre forme, on trouve nos marques et je suis un petit garçon très facile et très gentil... Rien à signaler, c'est le bonheur....
Le 5 décembre, l'infirmière ONE vient pour la 1ère visite, ça se passe très bien, je pèse 3 kg 230 (je n'ai donc pas repris beaucoup de poids depuis ma sortie de la maternité mais rien d'alarmant). La journée se passe sans incident et le soir, je bois mon biberon avec ma maman et puis je m'endors dans ma nacelle. Il est 20h30, tout d'un coup, je me mets à pleurer mais il y a quelque chose de différent. Papa me prend et essaye de me calmer, rien n'y fait. C'est la première fois que je pleure si fort, mes parents pensent que ce sont peut-être des coliques (car ils en avaient justement parlé avec l'infirmière durant la journée). Papa me pose à plat ventre sur son ventre car c'est une position qui me calme et qui fait que je m'endors mais là, bizarre, je continue à pleurer de plus belle et ils ne savent plus quoi faire car ce ne sont pas les mêmes pleurs que d'habitude, j'ai l'air d'avoir mal ! Quelque chose ne va pas mais quoi ? Vu que je n'arrive pas à me calmer, papa va prendre ma température et c'est à ce moment que notre vie a basculé ! 38,3 de température... vraiment pas grand-chose quand on y pense mais la phrase de notre pédiatre trotte dans la tête de mes parents « Pour un bébé de moins de 3 mois, s'il fait plus de 38°C de température, il ne faut pas hésiter, il faut revenir le montrer". Que de questions ils se posent : Que faire ? Il est 21h, il fait noir, il fait froid, partir avec ce petit garçon qui n'a que 12 jours... Ils hésitent, me découvrent, la température diminue déjà et pourtant, reste cette phrase, toujours... Finalement, il est 21h30, ils m'embarquent et préfèrent partir pour rien et revenir en rigolant 1h plus tard mais ils ne prennent pas le risque d'attendre le lendemain! A ce moment, tout s'enchaîne, papa roule vite car il est inquiet, nous arrivons à Namur aux urgences, on nous conduit directement en pédiatrie et là, le doute de mes parents « Vont-ils nous prendre au sérieux car ça reste une faible température malgré tout ? ». Et bien OUI, nous sommes immédiatement pris en charge et à 22h, la pédiatre de garde s'occupe de moi... Papa et maman lui expliquent les faits, devant elle, je suis calmé, ma température n'est plus qu'à 37,7 mais quand même, elle n'a pas l'air très rassurée vu ce qu'il s'est passé, de plus, ma peau est marbrée et je suis assez raide donc ils n'hésitent pas et même si c'est difficile à entendre pour mes parents, la pédiatre annonce qu'elle va faire une prise de sang et une PONCTION LOMBAIRE ! Sur le coup, mes parents ne réagissent pas trop et sont juste très inquiets car ils savent que c'est douloureux et pas le temps de me faire ne fût-ce qu'une anesthésie locale. Ils ne peuvent pas rester dans la salle de soins pendant la ponction lombaire mais maman avait mal, très mal tellement elle m'entendait hurler, elle aurait voulu pouvoir prendre la douleur à ma place ! Les infirmières en profitent pour me mettre une perfusion et m'installent dans une chambre... Les minutes qui suivent paraissent interminables.
A minuit, la pédiatre rentre dans la chambre, à son expression, papa et maman comprennent immédiatement qu'il se passe quelque chose et le verdict tombe : « Votre petit bébé a une méningite, on n'en sait pas plus sur la gravité pour le moment mais on commence le traitement antibiotiques immédiatement »... Le trou noir, UNE MENINGITE ... Ce sont les premiers résultats mais papa et maman ne sauront rien de plus ce soir-là, il faudra attendre le lendemain et même les jours suivants pour se prononcer. Cette nuit-là, alors que ce terme MENINGITE résonne dans leur tête chaque minute, papa et maman ne trouvent pas les mots et ne se rendent pas encore vraiment compte, moi je dors, dans mon petit lit à barreaux, assez paisible malgré tout et déjà abattu par les premières doses d'antibiotiques...

# Posté le mardi 10 février 2009 15:33

Modifié le mardi 24 février 2009 15:42

6 décembre, début du combat...

Le lendemain matin, après une nuit blanche de silence et de réflexion, les 1ères questions de papa et maman surgissent : Est-ce grave ? Notre petit bébé souffre-t-il ? Peut-on le soigner ? Si oui, comment et durée du traitement ? Va-t-il s'en sortir ? Aura-t-il des séquelles ?
Il ne faut pas vouloir répondre à toutes ces interrogations d'un coup, nous en saurons un peu plus chaque jour, une chose est certaine, ce sera long et je devrai me battre... Mes parents sont assez optimistes et pourtant, en avançant, les nouvelles ne sont pas si bonnes.
Le 1er jour, on nous explique qu'il y a 2 sortes de méningites : virales ou bactériennes. Les méningites virales sont les moins « graves » et quelques heures plus tard, papa et maman apprennent que pour moi, c'est une méningite bactérienne, premier coup dur ! Mais les médecins ne savent pas encore quelle bactérie. Le lendemain, on apprend que c'est une bactérie très rare : Citrobacter koseri, sur laquelle ils ont peu d'informations. Ca reste donc fort le « flou » pour mes parents et à ce moment, les médecins ne savent pas encore se prononcer...
Quant à moi, du haut de mes quelques jours, je fais déjà preuve de beaucoup de courage! Je dors évidement beaucoup et je suis fort affaibli par la température très élevée, l'importance du traitement pour tuer cette vilaine bactérie et le fait que je ne me nourris pas (heureusement, il y a tout ce qu'il faut dans la perfusion). Mais mon état est stable malgré tout, j'ai décidé de me battre et ça rassure tout le monde...
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# Posté le dimanche 15 février 2009 15:35

Modifié le mardi 24 février 2009 15:43

Le 8 décembre, second tournant...

Le jeudi 7 décembre, je suis toujours hospitalisé à Ste Elisabeth, on me fait un EEG (électro-encéphalogramme) et quelques heures plus tard, le soulagement, l'examen est tout à fait normal ! Ouf, c'est à peu près la meilleure nouvelle depuis que je suis rentré à l'hôpital le mardi. Malheureusement, l'espoir n'est que de courte durée. En effet le lendemain, je dois alors subir une échographie cérébrale. C'est dans l'après-midi que la chef du service de pédiatrie arrive avec une mauvaise nouvelle, encore une ! Les résultats de l'échographie démontrent, dans un langage médical, "une substance blanche hyperéchogène à gauche avec une suspicion d'une formation kystique pouvant correspondre à des abcédations". Vous avez compris quelque chose ? Non ! Plus simplement, la bactérie est montée au cerveau, j'ai fait un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) et du côté de gauche de mon cerveau, on voit bien des lésions importantes. Les informations s'enchaînent dans la tête de maman et papa mais ce n'est pas terminé. La pédiatre continue sur sa lancée et leur annonce que je risque l'½dème cérébral, ce qui serait TRES dangereux (voire fatal) et pourrait causer encore plus de dégâts. Elle explique que si ça tourne dans ce sens, il faudrait que je sois pris en charge immédiatement dans un hôpital universitaire avec des spécialistes. Ca veut dire quoi ? En fait, toutes les démarches ont déjà été établies, il reste moins d'une heure à mes parents pour boucler les valises, l'ambulance pédiatrique va arriver et je vais être transféré à l'UCL St Luc à Wolluwé... Pas le temps de réfléchir, maman prépare les affaires immédiatement !

# Posté le lundi 16 février 2009 15:54

Modifié le mardi 24 février 2009 15:44